Chenilles processionnaires

Le 29 mai 2020

La chenille processionnaire du pin est la larve d’un papillon de nuit, le Thaumetopoea pityocampa. Elle fait partie de l’ordre des Lépidoptères, de la famille des Notodontidae et de sous-famille des Thaumetopoeinae.

Le papillon est la forme « adulte » de la chenille qui aura éclos durant l’été. Cette éclosion a lieu entre juin et septembre selon le climat.

La femelle papillon recherche un pin (pin noir d’Autriche, laricio de Corse, Salzman, pin de Monterey, maritime, sylvestre et pin d’Alep) et dans une moindre mesure un cèdre pour y pondre ses oeufs

L’éclosion a lieu cinq à six semaines après la ponte. Elle donne naissance à des chenilles qui muent trois fois avant l’hiver. Les dates varient selon la région, ce qui est probablement liées à l’humidité, à la température ainsi qu’à l’amplitude thermique. Les pics de température (chaud ou froid) peuvent stopper provisoirement l’alimentation de la chenille. 
Plus on monte vers le nord et en altitude, plus la larve se développe lentement, en abrégeant la diapause nymphale.

A ce stade, elles ne sont pas encore urticantes.

Au quatrième stade larvaire, elles forment un nid volumineux d’hiver définitif, construit côté sud pour profiter des rayons du soleil. Elles en sortent la nuit pour s’alimenter. Elles se déplacent en « procession » suivant un fil de soie qui leur permet de rentrer au nid. La cohésion de la file en déplacement est assurée par le contact de la tête d’une chenille avec les poils de l’abdomen de celle qui la précède. Grâce aux rayonnements solaires, la température à l’intérieur du nid peut être supérieure de plusieurs degrés à la température ambiante.

Au printemps, les chenilles en procession conduitent par une femelle, quittent l’arbre pour aller s’enfouir dans le sol à quelques centimètres sous terre (5 à 20 cm) dans un endroit bien ensoleillé. Les processions peuvent se déplacer jusqu’à 40 m.

Techniques de lutte

ATTENTION ! Quelle que soit la méthode envisagée, ne prenez pas de risques inutiles.

La lutte contre les chenilles processionnaires du pin peut prendre différentes formes. Les actions à mettre en oeuvre ne dépendent évidemment pas des dates administratives des saisons, mais sont liées au cycle de l’insecte qui peut varier selon les régions et les conditions climatiques.

Il n’existe aucun moyen de se débarrasser définitivement des chenilles. Les traitements sont à refaire chaque année. En effet, même si l’on détruit toutes les chenilles vivantes sur son terrain , vos arbres seront ré infestés l’année suivante par des papillons pouvant provenir de plusieurs kilomètres. Le papillon mâle peut voler jusqu’a 25 km et le papillon femelle jusqu’à 3 km et de plus les chenilles peuvent rester enfouies dans le sol de quelques jours à 5 années. 
Ces traitements annuels doivent donc être maintenus tant que des nids existent dans votre région.

Mesures écologiques

– Améliorer la biodiversité des peuplements (feuillus) afin de freiner la propagation de l’insecte et de favoriser le cortège parasitaire.
– Dans les forêts fréquentées par le public et sous réserve de pouvoir choisir une autre essence, éviter les plantations de pins noirs dans les secteurs favorables à la chenille.

Traitement phytosanitaire biologique (aérien ou terrestre)

– Appliquer un traitement avec un insecticide biologique à base de Bacillus thuringiensis (BT kurtstaki, sérotype 3a3b), bactérie aux propriétés entomopathogènes.

Traitement phytosanitaire chimique (terrestre)

– Appliquer un traitement avec un insecticide de la famille des benzoylurées : le diflubenzuron.
– Agit par ingestion, perturbe le processus de mue sans arrêter l’alimentation.
– Agit par contact, non sélectif, à employer en période hivernale (stades L3 et plus). A réserver aux interventions de faible ampleur ou de rattrapage éventuel.

Lutte mécanique

– Couper et brûler les branches porteuses de pontes, pré-nids et nids.
– En cas d’attaque ponctuelle, sur des arbres facilement accessibles. Se protéger soigneusement contre les risques d’urtication (combinaison, masque, lunettes, gants).

Piégeage par confusion sexuelle

– Utiliser une phéromone de synthèse comme leurre : les pièges à phéromones pour capturer les papillons mâle de la processionnaire.

Lutte biologique 

– Favoriser l’implantation des prédateurs et parasites : nichoir à mésange

Il y a peu de prédateurs. Seul le coucou s’attaque aux chenilles, parfois même dans leur nid et la mésange chasse la première forme larvaire et parfois lorsqu’elles sont en procession.

(*) Source : Ministère de l’agriculture et de la pêche – Département de la santé des forêts – Information technique N° 57 Octobre 2007 

Dégâts

Selon l’essence et le type de peuplement, l’intensité des dégâts est très variable. En montagne, la processionnaire est uniquement présente sur les versants sud (houppiers ensoleillés, lisières,…).

Une défoliation même totale ne provoque pas la mortalité des arbres atteints. Elle entraîne une perte de production qui équivaut au plus (si la défoliation a été totale) à environ une année d’accroissement. Les arbres récupèrent en quelques années. Si leurs conditions de croissance sont satisfaisantes, ils sont parfaitement capables de supporter cette attaque.

Les arbres affaiblis (climat, station, …) ou susceptibles de subir des défoliations répétées (cas des jeunes plantations) peuvent souffrir plus durablement de ces atteintes, et devenir moins résistants à des attaques d’ennemis de faiblesse tels que les scolytes ou le pissode. Les mortalités, exceptionnellement observées, se produisent à la suite de tels enchaînements.

Source :Ministère de l’agriculture – Département de la santé des forêts

Risques pour l’homme et les animaux

Les chenilles processionnaires sont recouvertes de poils qui, dispersés par le vent ou par nous même (tonte de la pelouse, en essayant de détruire une procession…) peuvent provoquer une irritation chez les personnes et les animaux. L’appareil urticant de la chenille processionnaire se met en place au cours du développement larvaire.

Lorsque le poil se brise, dès le premier contact, la substance urticante et allergisante qu’il contient, la « thaumétopoéïne », se libère provoquant des démangeaisons très vives. Ces irritations se caractérisent par des érythèmes ou des éruptions prurigineux accompagnés parfois d’atteintes oculaires ou pulmonaires voire des réactions allergiques plus graves telles que les oedèmes de Quincke ou les chocs anaphylactiques.

Les symptômes cliniques présentés en cours d’une exposition directe ou indirecte aux chenilles processionnaires sont les suivants :

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