Santé « J’ai de grosses plaques de boutons » : voici pourquoi les chenilles processionnaires sont très urticantes

Le 15 July 2021

Les chenilles processionnaires peuvent gâcher des vacances. Leurs poils de soies urticants pour l’Homme et l’animal peuvent provoquer de terribles allergies. Voici quelques conseils à suivre afin d’éviter d’aggraver la situation.

Ces chenilles, appelées processionnaires, sont des insectes aux poils urticants. Photo d’illustration Julio PELAEZ

« J’ai de grosses plaques de boutons à l’intérieur des cuisses et sur le ventre. J’ai dû me relever dans la nuit pour prendre un cachet antihistaminique afin de calmer la démangeaison », raconte Anne, 35 ans. « Moi, j’en ai partout dans le cou ! Je me gratte jusqu’au sang », lui répond Marine, une amie avec qui elle était en week-end dans le département de l’Aisne. « C’est très jouissif de se gratter », leur rétorque une autre amie du groupe, pour dédramatiser la situation.

C’est que les chenilles processionnaires ont envahi ces dernières semaines le bassin parisien, la Picardie, la Lorraine ou encore l’Alsace. Que vous habitiez là-bas ou que vous y alliez en vacances, méfiez-vous… Vous allez sûrement vous « gratter »… pendant tout l’été.

Une réaction cutanée aux poils de chenilles processionnaires. Photo DR

Pourquoi on se gratte ?

La démangeaison alerte l’organisme que le corps est entré en contact avec une agression quelconque. C’est en fait une réaction des cellules immunitaires du corps.

A quoi ressemblent ces chenilles ?

Les chenilles processionnaires sont connues pour leur mode de vie grégaire et leur déplacement en file indienne.

A l’âge adulte, la chenille se transforme en papillon. Sa larve prend la forme d’une chenille pouvant mesurer jusqu’à 40 millimètres de long, le corps parsemé de taches rouges et le ventre jaune, explique l’Agence régionale de Santé (ARS) du Grand est. 

En ce moment, ce sont plutôt les chenilles du chêne qui sont actives, explique le docteur Sandra Sinno-Tellier, adjointe à la directrice des alertes et des vigilances sanitaires et coordinatrice de la toxicovigilance à l’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire nationale (Anses). En effet, les chenilles du pin se manifestent plus tôt dans l’année.

Où se trouvent-elles ?

Si on ne les voit pas, où se trouvent-elles ? Les chenilles du chêne restent dans les arbres et se nourrissent quand elles sortent du nid après l’hiver. Dans les arbres, elles créent leur cocon de soie blanc avant de se transformer en papillon de nuit. Les chenilles processionnaires du pin vont, elles, s’enfouir dans le sol pour faire leur chrysalide avant de se transformer en papillon. Ce sont les chenilles qu’on voit en file indienne.

Les zones de l’Est de la France sont endémiques. Il y en a là-bas depuis très longtemps. Les températures plus douces permettent aux chenilles de survivre notamment pendant la période d’hiver.

Pourquoi faut-il les craindre ?

Une histoire de poils. Les chenilles se dotent non seulement de longs poils soyeux caractéristiques, mais aussi de poils microscopiques contenus dans des glandes et qui peuvent être éjectés en cas de stress de l’animal. Ce sont ceux-là qui sont extrêmement urticants. « Les chenilles, quand elles se sentent menacées, déplient les segments de leur corps et libèrent des poils urticants, invisibles à l’œil nu. Ces poils correspondent à de microscopiques aiguilles qui contiennent une protéine toxique », poursuit Sandra Sinno-Tellier. « Ils s’implantent dans la peau et libèrent la protéine quand ils se cassent. »

Il faut éviter tout contact avec ces chenilles et leur nid. Mais quoi qu’il arrive, si vous vous trouvez dans une zone infestée, vous n’échapperez probablement pas à une allergie. En effet, les poils des chenilles se détachent et volent dans l’air jusqu’à se poser sur votre peau. « L’exposition aux poils urticants des chenilles se fait le plus souvent par voie indirecte », résume la spécialiste.

Comment s’en protéger ?

Plus on est exposé à un nid, plus on a des risques d’être allergique à la protéine toxique contenue dans les poils urticants.

L’Anses donne sur son site internet des conseils pour limiter les risques : ne pas approcher les chenilles ni les toucher, ne pas se promener sous un arbre porteur d’un nid, porter des vêtements protecteurs (manches et pantalons longs, couvre-chef et éventuellement lunettes), éviter de se frotter les yeux en cas d’exposition mais aussi pendant et au retour d’une balade, prendre une douche et changer de vêtements ou encore bien laver les fruits et les légumes de son jardin en cas d’infestation à proximité.

Aussi, il est déconseillé de faire sécher en extérieur les masques respiratoires utilisés dans le cadre de l’épidémie de Covid-19.

Quelles sont les conséquences ?

« Des irritations très intenses de la peau et des muqueuses (démangeaisons, conjonctivites, toux irritatives,…) se déclenchent alors, mais aussi parfois des réactions allergiques (urticaire, difficultés respiratoires…), qui deviendront de plus en plus sévères si les contacts avec l’allergène se répètent », alerte encore l’ARS.

Pas de quoi confondre ces boutons avec ceux des moustiques : les chenilles provoquent une réaction urticaire. La démangeaison est très intense. Les boutons dus aux poils de chenilles sont accompagnés de plaques rouges. Les boutons de moustiques sont, eux, plus localisés.

Cas urgents

– En cas de signes d’urgence vitale (détresse respiratoire…), appelez le 15 ou consultez aux urgences.
– Si les yeux grattent, il faut consulter un ophtalmologue en urgence.
– En cas de signes d’intoxication, consulter un médecin ou appeler le centre antipoison.

Que faire si vous avez été exposés à ces poils urticants ?

Prenez des antihistaminiques qui vous soulageront. Évitez la douche chaude qui va réactiver la protéine toxique mais privilégiez un linge d’eau froide pour calmer la démangeaison. Appliquez de la cortisone en crème si besoin. Vous pouvez utiliser du papier collant pour ôter ces poils invisibles.

Et surtout soyez patients : les plaques ne partiront qu’au bout de 48/72 heures.

Photo d'illustration J.P.

Les animaux très sensibles

Les animaux sont également très sensibles aux poils urticants des chenilles. Il est déconseillé de les promener près des arbres porteurs de nids. Si vous surprenez votre chien à jouer avec une cheville, consultez rapidement un vétérinaire. En effet, un œdème lingual peut se produire, entraînant un gonflement important. La langue devient tout d’abord très rouge puis noire. C’est le début de la nécrose.

Source: https://www.lalsace.fr/magazine-lifestyle/2021/07/15/j-ai-de-grosses-plaques-de-boutons-voici-pourquoi-les-chenilles-processionnaires-sont-tres-urticantes

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